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Numérisation ne signifie pas moins d’emplois

5 min.
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de Daniel Flury

2 articles

La première étude PME de la Banque WIR a été officiellement présentée. Elle livre un aperçu et des enseignements passionnants du point de vue des PME.

Table ronde relative à l’étude PME 2016 de la Banque WIR

La première étude PME de la Banque WIR a été officiellement présentée. Elle livre un aperçu et des enseignements passionnants du point de vue des PME. Une table ronde a permis de mettre en relief les défis futurs des PME.

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«Quel est le but d’une telle étude?»: c’est la question qu’a posée Germann Wiggli, CEO de la Banque WIR, dans sa brève introduction. Forte de quelque 270 collaborateurs, la Banque WIR est elle-même une PME d’une importance certaine. «99% de toutes les entreprises suisses sont des PME, et deux tiers de tous les salariés travaillent dans des PME, sans oublier les 45 000 PME clientes de la Banque WIR qui utilisent son réseau WIR», a relevé M. Wiggli.

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L’étude PME de la Banque WIR n’est pas le fruit de réflexions hautement académiques, mais livre un regard passionnant et original sur le monde des PME. «Il s’agit de savoir où le bât blesse», a souligné M. Wiggli. La numérisation est un sujet particulièrement sensible et concerne toutes les entreprises. En effet, elles doivent toutes plus ou moins veiller à ne pas être simplement évincées un jour du marché.

Table ronde et thèses provocatrices

Les dix thèses provocatrices énoncées dans l’étude PME de la Banque WIR ont servi de base aux discussions:

  1. Les milieux politiques suisses se moquent de la colonne vertébrale de l’économie suisse.
  2. Les PME suisses sont hautement innovantes, sans toutefois en être toujours pleinement conscientes.
  3. Les grandes entreprises misent en plein sur la transformation numérique, tandis que les PME font des affaires.
  4. Les PME romandes prennent le pas sur les alémaniques.
  5. Les PME représentent la forme la plus aboutie pure de l’économie de marché.
  6. Les PME suisses sont le paradis méconnu des salariés.
  7. Les réseaux de coopération sont le modèle de réussite par excellence des petites PME.
  8. PME est un acronyme de «confiance en soi» et synonyme d’engagement et d’identification.
  9. Dans les PME, les personnes ne sont pas de simples numéros.
  10. La proximité des PME avec les clients engendre la «chaleur par friction» – elle constitue en même temps un avantage et un défi.

Ce sont surtout les relations avec la politique et les instances de régulation qui sont apparues comme problématiques durant la discussion. Bernhard Salzmann, responsable de la communication de l’Union suisse des arts et métiers (USAM) et directeur de la Fondation PME Suisse, a résumé la situation en ces mots: «Le plus important programme de croissance devrait consister en la suppression, ou du moins la réduction, des règlementations inutiles.» En effet, chaque minute consacrée à des tâches administratives est une minute perdue.

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M. Wiggli a mis en évidence l’impact que le volume élevé de prescriptions et d’exigences administratives a potentiellement sur les PME: «Dans le domaine bancaire tout particulièrement, il règne une frénésie réglementaire qui rend difficiles la gestion des investissements et le développement de produits novateurs.»

Les banques, et «désormais même les grands établissements», portent un intérêt croissant aux PME, a relevé M. Wiggli, en mettant en avant les avantages du système WIR supporté par la Banque WIR: «Nos 45 000 clients PME forment, avec le système WIR, le plus important réseau de PME en Suisse.»

Les participants à la table ronde ont également abordé la question des spécificités des PME et de leurs répercussions pour les salariés, qui s’avèrent indubitablement avantageuses pour les employeurs: «Ceux qui n’aiment pas travailler ne devraient pas se faire engager par une PME, où il est plus difficile de se cacher», a commenté avec un zeste de provocation M. Salzmann. Cette proximité est une chance pour certains, mais un risque pour d’autres. En règle générale, l’employeur peut toutefois compter sur des collaborateurs orientés clientèle: «Il règne dans les PME un climat de confiance qui rend les contrôles moins indispensables.»

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M. Catellani, le responsable de l’étude et CEO de ValueQuest, a confirmé ces propos: «C’est le bon sens qui prévaut dans les PME. Les collaborateurs sont des êtres humains et pas des numéros.» C’est un avantage notamment par rapport aux défis que représente la transformation numérique. Il s’agit donc de rester constamment en phase avec cette thématique, d’exploiter les opportunités sur le plan numérique et de s’adapter aux nouvelles conditions. «Il faut considérer la numérisation comme une chose globalement positive. Elle est certes à l’origine de grands changements, mais elle ne devrait guère entraîner de pertes d’emplois. En effet, elle a le potentiel de créer plus de nouvelles places de travail qu’elle n’en supprime.»

Les participants à la table ronde

  • Bruno Catellani
    Fondateur et directeur de ValueQuest GmbH
  • Bernhard Salzmann
    Responsable de la communication de l’Union suisse des arts et métiers (USAM) et directeur de la Fondation PME Suisse
  • Germann Wiggli
    Président du directoire de la Banque WIR société coopérative

Le débat a été conduit par Volker Strohm, porte-parole et responsable PR / médias numériques de la Banque WIR société coopérative.

L’étude WIR 2017 sur les PME qui sera menée l’automne prochain, dressera le futur état des lieux. Vous pouvez télécharger les résultats de l’enquête actuelle en format PDF.

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