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«Hannigalp»: Feu sacré à Grächen

13 min.
Vogel

de Artur K. Vogel

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L’hôtel trois étoiles Superior est l’un des hôtels exemplaires de la station touristique familiale. Olivier Andenmatten n’avait que 23 ans lorsqu’il a repris l’établissement familial en quatrième génération. Toutefois, il peut se réjouir de deux décennies d’activité couronnées de succès.

Rien que le déplacement est passionnant: de Viège, le chemin de fer Matterhorn-Gotthard-Bahn remonte le Mattertal en direction de Zermatt jusqu’à Sankt Niklaus, le principal village de la vallée. Avant 1951, alors qu’aucune route ne montait encore à Grächen, on venait chercher les touristes à la petite station ferroviaire du hameau de Kalpetran, à une altitude de 870 m. Des mulets transportaient alors les bagages jusqu’au village de Grächen, situé à une altitude de 1600 m; les touristes, quant à eux, devaient gravir à pied le sentier muletier escarpé, pénible et terriblement long. Aujourd’hui, il suffit de monter à St. Niklaus dans un car postal qui vous conduit en 20 minutes jusqu’au village sur une route qui fait de nombreux virages extrêmement serrés.

Le village de Grächen est situé sur une pente ensoleillée bien au-dessus de la vallée du Rhône et comprend une large collection de chalets de vacances et de fermes de montagne de diverses époques. Il comprend également des pensions, des restaurants, des bars et des hôtels de famille, des mazots séculaires au bois foncé par le soleil, plantés sur des piliers de bois. On y trouve aussi un magasin Coop, un magasin Volg, un satellite Denner et un bureau de poste qui est d’ailleurs la destination finale du car postal.

Zone sans voitures

Derrière le poste de police, sur la place principale, juste à côté de l’église en pierre construite en 1935, commence la zone sans voitures. Seuls des véhicules électriques ont le droit d’y circuler, tout comme les cyclistes sur leur VTT et leurs vélos électriques. Des moutons à museau noir paissent dans un pré. Après cinq minutes de marche à pied, on atteint l’hôtel trois étoiles Superior Hannigalp, à moitié caché par un énorme sapin qui pousse près de la petite route.

L’Aktiv Hotel & Spa Hannigalp peut accueillir au maximum 70 personnes. Le restaurant propose une cuisine régionale et de saison. Il fait partie de la «Guilde suisse des cuisiniers restaurateurs» comme l’indique un diplôme suspendu au mur. L’établissement est géré par Olivier et Sandra Andenmatten.

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L’arrière-grand-père d’Olivier a construit ici en 1909 le premier hôtel que l’on peut voir sur les reproductions agrandies de photographies noir-blanc fixées aux murs du restaurant. Il reste encore du bâtiment d’origine les épais murs de pierre. Auparavant, un bâtiment en bois était situé au même endroit et accueillait des randonneurs ainsi que des pèlerins de passage durant les quelques semaines que durait l’été.

Vente de l’appartement de vacances pour la piscine

Durant les années 1940, l’établissement a pour la première fois également ouvert ses portes durant la saison d’hiver. À cet effet, le grand-père Julius Andenmatten a fait installer des chauffages. Le père Raymond Andenmatten était lui aussi un pionnier puisque c’est lui qui a ajouté en 1984 à son établissement la première (et jusqu’ici la seule) piscine de Grächen. «Pour pouvoir financer la construction de la piscine, mon père a vendu notre appartement de vacances au Tessin», raconte Olivier Andenmatten en riant, «en se gardant bien de dire quoi que ce soit à ma mère».

Les quatre générations Andenmatten ont toujours suivi le même principe dans les affaires: si l’on veut avoir du succès dans l’hôtellerie de vacances où la concurrence ne manque pas, il faut faire preuve de prévoyance et rester à jour en permanence. Des investissements sont continuellement nécessaires pour garder l’assortiment de prestations de services à la pointe du progrès et répondre de manière optimale aux exigences des clients. Cela n’est pas possible sans sacrifices personnels: pour pouvoir nourrir sa famille, le grand-père Julius Andenmatten travaillait également comme chef de cuisine à l’hôtel Ambassador à Zermatt.

C’est dans un autre hôtel de Zermatt, le «Schweizerhof», qu’Olivier Andenmatten a fait son apprentissage de cuisinier de 1991 à 1994. Avant cela, il avait bien évidemment déjà souvent travaillé dans l’établissement familial à Grächen. Directement après l’apprentissage, il a ensuite suivi des cours afin d’obtenir la patente de restaurateur, puis celle d’hôtelier qui sont nécessaires à l’exploitation d’un hôtel dans le canton du Valais.

Après l’école de recrues, départ pour l’«Hannigalp»

Dans l’hôtellerie, il est de coutume qu’un jeune professionnel parte quelques années, à la fin de sa formation, pour glaner de l’expérience à l’étranger. Olivier Andenmatten a choisi une autre voie et s’est engagé dans l’établissement familial dès 1996, à son retour de l’école de recrues. Il a alors travaillé pendant trois ans avec ses parents dans la cuisine, à la réception et partout où l’on avait besoin de lui. C’est ensuite qu’il a repris la gestion de l’hôtel en décembre 1998, à l’âge de 23 ans.

Cela s’est fait de manière totalement volontaire, dit-il aujourd’hui. Son père Raymond était «hôtelier, corps et âme». Toutefois, il avait déjà 70 ans et sa santé n’était pas la meilleure. Et il n’a eu aucune difficulté à lâcher du lest. «Mon père m’a toujours dit: il faut que tu veuilles le faire, sinon tu ne supporteras pas des journées de travail de 13 et 14 heures. Sans feu sacré, tu te casseras la figure.» Or, Olivier Andenmatten a ressenti ce feu sacré qui continue encore de brûler en lui.

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Lors de longs voyages à travers l’Australie, la Californie ou le Canada aux mois de mai et de novembre, lorsque l’hôtel «Hannigalp» est fermé, il a quand même pu acquérir de l’expérience à l’étranger. Ces voyages ont eu de réjouissantes conséquences sur ses connaissances linguistiques. En effet, «l’anglais devient de plus en plus important dans l’hôtellerie. En été, nous accueillons ici de plus en plus de groupes de ‹hiking› et de ‹trekking› qui nous viennent des USA, de Grande-Bretagne, d’Australie et du monde entier.» Un bon hôtelier qui s’occupe personnellement de ses clients se doit de parler l’anglais à la perfection.

Amoureux, perdus en pleine neige

Il y a dix ans, Olivier Andenmatten a épousé la Bernoise Sandra Stettler. Les deux époux, l’hôtelier de Grächen et la fleuriste qui travaillait dans un magasin de fleurs de Saas-Fee et donnait un coup de main dans un restaurant, se sont connus lors d’un événement spectaculaire: tous deux avaient réservé un vol de «héliskiing» dans la région du Mont-Rose. Ils se sont retrouvés ensemble dans le premier hélicoptère qui les a amenés en montagne à une altitude de 4200 mètres, un environnement totalement vierge car un demi-mètre de neige était tombé durant la nuit. «Nous avons choisi le jour parfait», nous raconte-t-il: «Nous avions l’impression d’être les premières personnes à voir ce paysage tout simplement incroyable.»

La première chose que le Valaisan a remarquée chez la jeune fille bernoise qui l’accompagnait: «Elle skiait bien mieux que moi.» Après le dîner en groupe, il l’a invitée à faire encore un peu de ski et les choses se sont ensuite enchaînées. Quoi qu’il en soit: ils sont aujourd’hui les heureux parents de deux garçons: Noah (9 ans) et Nevio (6 ans).

Un hôtel familial

Contrairement à la station de Zermatt très proche mais beaucoup plus mondaine, le village de Grächen se positionne sur le marché comme une destination familiale. Depuis la saison d’hiver 2011/12 par exemple, une télécabine de conte de fées monte jusqu’à la Hannigalp (d’où l’hôtel de la famille Andenmatten tire son nom). Une fois en haut, un grand parc familial de 50 000 m2 attend les enfants – un parmi onze parcs de ce genre dans la région Grächen/St. Niklaus, équipés de rochers de grimpe, de toboggans géants, d’une piste Tube, d’un parc à cordes, d’une station à excavateur en été ainsi que de tapis magiques, d’igloos, d’éléments d’apprentissage et d’une piste de course en hiver.

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Le chef de cuisine: Alessandro Dainese.

Sur 250 km de sentiers pédestres évoluant dans le grandiose environnement alpin qui entoure Grächen et St. Niklaus et allant jusqu’à Zermatt et Saas-Fee, en partie le long des vieux bisses, chaque randonneur trouvera précisément la randonnée qui répond à ses attentes et correspond à sa forme physique. Bien entendu, les adeptes de VTT, de Nordic walking et de jogging ainsi que les cavaliers y trouvent également leur bonheur. En hiver, pas moins de 50 km de pistes de ski attendent les visiteurs.

L’Aktiv Hotel & Spa Hannigalp se considère également comme un hôtel pour familles et propose dès lors, en plus des chambres doubles habituelles et des chambres confort Superior, des chambres familiales très confortables et de plus grandes dimensions. Les enfants de moins de six ans passent la nuit gratuitement dans la chambre des parents; les enfants de six à onze ans dorment à demi-prix et les enfants de douze à quinze ans bénéficient d’un rabais de 30%. Deux nouvelles suites familiales situées au-dessus du spa et comportant deux chambres à coucher, un salon séparé et un accès direct au spa offrent le confort maximal que l’on peut désirer.

Un spa pour moi tout seul

Ce spa est la contribution d’Olivier Andenmatten au développement permanent de l’hôtel, conformément à la tradition familiale. Il y a cinq ans, il y a investi deux millions de francs afin de réaliser une zone de spa et de remise en forme de 500 m2, des locaux de fitness et de massage et, au-dessus de tout cela, les deux suites familiales. Il en a également profité pour rénover la piscine.

Le spa et la piscine sont principalement réservés aux clients de l’hôtel «Hannigalp». Puis aux clients des trois autres établissements qui collaborent étroitement au sein de la coopération hôtelière «Matterhorn Valley Hotels» (Olivier Andenmatten en est le directeur). Finalement, des clients externes peuvent également utiliser la piscine (entrée: 9 CHF) et la zone de remise en forme (entrée: 32 CHF) entre 8 h et 16 h. Si l’on veut avoir la paix, il est également possible de louer une partie du spa de manière entièrement privée entre 20 h et 23 h (ce qui coûte 30 CHF par personne pour les clients de l’hôtel et 49 CHF pour les clients externes).

Bonnes expériences avec WIR

À cette occasion, le fait que son père travaillait déjà avec WIR et qu’il acceptait lui-même dès le début une part WIR de 100% WIR lui aura été très utile. D’une part, il lui a ainsi été possible de collaborer avec des entreprises locales dont certaines acceptent également du WIR. D’autre part, Olivier Andenmatten a pu financer environ un cinquième des frais de construction à l’aide d’un crédit de la Banque WIR qu’il peut, à son tour, amortir avec du WIR. «Pour moi, le système WIR représente des affaires additionnelles bienvenues», explique l’hôtelier. «Je trouve tout simplement brillante l’idée que des PME fassent du commerce ensemble avec du WIR. Or, nous sommes une PME assez typique.»

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Olivier Andenmatten

Taux d’acceptation WIR: 100%

Hôtel Hannigalp

L’Aktiv Hotel & Spa Hannigalp emploie douze collaborateurs à plein temps, trois auxiliaires travaillant de 30 à 50%, ainsi que Sandra et Olivier Andenmatten. Deux jeunes gens y font un apprentissage de spécialiste en communication hôtelière CFC. Cette formation relativement nouvelle doit permettre aux apprenants de travailler aussi bien à la réception que dans l’encadrement des clients, d’exécuter des tâches de marketing et de communication au back-office et, en cas d’urgence, de proposer leur aide dans tous les autres secteurs de l’hôtel. C’est précisément ce que fait Olivier Andenmatten: en tant que propriétaire et directeur de l’hôtel, il est bien sûr responsable de la direction mais aussi de la stratégie, des finances, de l’organisation de l’établissement dans son ensemble, du marketing et de l’achat des boissons et des équipements «non food».

Le fait que son frère André, de 15 ans son aîné, exploite depuis 30 ans le grand marché AA’s Cash & Carry à Viège qui propose, entre autres choses, presque 1000 vins différents, facilite bien entendu grandement l’approvisionnement. Le chef de cuisine Alessandro Dainese est responsable de l’achat des produits alimentaires. Pour cela, le chef intervient à chaque fois qu’il manque de la main-d’œuvre quelque part: en cuisine, à la réception. «Il peut même arriver que je joue le rôle de portier», ajoute-t-il.

Sandra Andenmatten, qui est également au bénéfice d’une formation de massage, est responsable de la décoration intérieure de l’établissement, des fleurs et des plantes, et organise, sur demande des clients, les séances de massage, le plus souvent avec des masseurs indépendants de la région. Bien entendu, elle s’occupe également de toute la famille, un sacré programme avec deux petits garçons. Elle aussi peut intervenir lorsque c’est nécessaire, que ce soit pour des massages ou pour le service. Sandra et Olivier Andenmatten forment une équipe bien rodée.

Football et marathon

Avec ses journées de travail XXL, la vie de famille et les loisirs ne souffrent-ils pas? Olivier Andenmatten affirme que non: la famille n’habite qu’à 30 mètres de l’hôtel. Il voit toujours ses enfants au repas de midi et après l’école. «Le dimanche est un jour réservé à la famille, je ne travaille pas – dans le pire des cas, quelques heures le matin.» Olivier Andenmatten est en outre un grand sportif. Pendant quelque temps, durant sa jeunesse, il avait pour projet de devenir maître de géographie et de sport. Il réalise ce rêve d’une autre façon: avec les clients de son établissement et des autres «Matterhorn Valley Hotels», il organise des tours en VTT. Lors du Zermatt Marathon qui aura lieu la prochaine fois le 4 juillet 2020, il a assumé la fonction de président du comité d’organisation. De plus, il entraîne les juniors E du club de football de St. Niklaus. C’est le club d’origine du fameux footballeur Jean-Paul Brigger qui est devenu en 1983 roi des gardiens suisses et a participé à pas moins de 35 matchs avec l’équipe nationale. Là aussi, Olivier Andenmatten a sa famille à ses côtés: son fils Noah fait déjà partie de l’équipe; quant à Nevio, il adore lui aussi jouer au foot.

Photos: Raffi Falchi

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